N’étant pas capable de tenir un planning, mon album du dimanche est aujourd’hui critiqué un mardi, plusieurs après avant l’initialisation de ce projet. Mais baste, venons en plutot au fait.
Nous parlerons donc aujourd’hui de :
John Paul Jones – Zooma

Premier album solo de l’éternel bassiste de Led Zeppelin, Zooma se distingue de la production rock actuelle en étant un album de rock instrumental ne tenant ni du post rock chiant (désolé) ni du solo-de-guitare-à-cheveux-dans-le-vent, voir dans le ventilateur quand il n’y a pas de vent (désolé Steve).
Comme d’habitude, voici la liste des morceaux de cet album :
- « Zooma » – 5:52
- « Grind » – 5:20
- « The Smile of Your Shadow » – 5:50
- « Goose » – 4:58
- « Bass ‘N’ Drums » – 2:32
- « B. Fingers » – 5:26
- « Snake Eyes » – 7:32
- « Nosumi Blues » – 5:48
- « Tidal » – 4:20
Avec son introduction planante, « Zooma » laisse planer le doute sur le style musical de cet album. Cependant, les cris des mouettes sont bientot rejoints par un riff.
Pas n’importe quel bête riff de hard rock, non, un riff de basse, de basse à 8 cordes dont JPJ a le secret, remplie de « growl » et de hargne, qui occupe la majorité de la chanson. On pourrait presque dire que ce riff seul suffirait à définir une partie du style de cet album, la partie hard rock, descendante des chansons épiques de Led Zeppelin telles Immigrant Song ou Achilles Last Stand.
Cependant, ce riff est interrompu par quelques breaks et solos, dont on ne sait pas dans cet album s’ils sont joués à la guitare ou a la basse passée à l’octaver.
Grind, malgré son approche moins bassiste, et donc un riff plus « traditionnel-guitare-blabla », ressemble fortement structurellement au morceau-titre.
»The Smile of Your Shadow », troisième morceau de « Zooma », se rapproche plus des morceaux accoustiques tels que trouvés sur le 3ème album du Zeppelin. John Paul Jones y fait en effet la démonstration de son goût pour les musiques celtiques et de ses talents à la mandoline, en partie grâce à un solo particulièrement virtuose.
Les longues boucles entremêlées de mandoline et d’instruments électriques font la richesse de ce morceau, qui ravira également les amateurs de guitare slide, JPJ y faisant en effet la démonstration de son pedal-steel basse, créé spécialement pour lui par le luthier anglais Manson (rien à voir avec Marylin ni Charles, mais plutôt avec Matthew Bellamy, dont les guitares laser-fuzzy proviennent de ce luthier).
Puisqu’on parle de Slide, on peut citer à ce sujet l’excellent « Nosumi Blues », qui arbore une certaine ressemblance avec le morceau « Nobody’s Fault But Mine » de Led Zeppelin, bien que lorsqu’on interrogea JPJ sur le fait que son morceau sonnait Zeppelin-esque, il répondit « Ne serait-ce pas Led Zeppelin qui sonnait « John Paul Jones-esque » ?
On oublie souvent que parmi les nombreux talents de ce brave John Paul, il ya l’arrangement de partitions orchestrales, qu’il utilisa lors de ses nombreuses sessions en studio dans les années 60, lorsqu’il était avec Jimmy Page l’un des requins studios les plus convoités du milieu de la pop music. Snake Eyes montre donc tout le talent qu’a notre bassiste préféré à composer des partitions orchestrales, et illustre également les capacités de ce dernier à l’orgue.
Bass’n'drums est quant à lui un agréable intermède groovy entre les deux monstres de puissance que sont Goose et « B. Fingers », qui développent le thème de la puissance de la basse, qui éclipse sur cet album la traditionelle guitare riffeuse.
Pour conclure, même si l’instrument principal de « Zooma » est sans conteste la 4-cordes (ou 8, ou 12…), cet album est tout à fait accessible à n’importe quel fan de rock, connaisseur en Zep ou non.
Pour reprendre la phrase de Mr Prog :
« Quand on demandait à Page et Plant au moment de la pseudo-reformation « Unledded », où était John Paul Jones, Plant répondait : « il est allé garer la voiture… »
Faux les mecs, il s’est tiré avec la caisse et vous a laissés en rade…«